En cette fin de cette saison estivale, je vous propose l'interview de Sébastien Louvel qui aura réalisé une très belle saison 2011. L'interview date de début Janvier, mais elle n'avait pas encore été mise en ligne... Enjoy !

Avant l'interview, voici le bilan de la bonne saison d'été de Seb, félicitations à lui !

1er du 5000 m du 2ième tour interclubs (15:15 Record personnel)
1er des 10 km de St Jacques (32:35)
2ième du BZH de 5000 m (15:09 RP)
3ième du BZH du 10 km route (31:41 RP)

Sébastien Louvel en bref :
Métier : Agriculteur
Date de Naissance : 18 Décembre 1973
Situation Familiale : Marié, 3 filles
Première licence à l’EAPB : 2008/2009

MM : Première licence à l’EAPB, et il me semble première licence d’athlétisme par la même occasion en 2004. Cependant la première vraie saison de Sébastien Louvel n’est arrivée qu’en 2008/2009, avec un entraînement plus intensif et des compétitions plus nombreuses. Explique-nous cette évolution qui t’amène maintenant à ne plus vouloir lâcher la compétition.
SL : 1ère licence en 2008/2009 (et non 2004). Professionnellement, je me retrouve maintenant en vitesse de croisière ce qui me permet de passer plus de temps à m’entraîner, par rapport à avant l’inscription dans un club, où je ne m’entraînais qu’en fonction de l’avancée de mes travaux.

MM : Athlète depuis peu de temps. Qu’est ce qui t’a amené à pratiquer ce sport ? Et pourquoi aussi tard ?
SL : Au départ c’était pour la forme. Puis une passion, quand dans les courses locales, les chronos étaient satisfaisants, puis quand j’ai décidé de m’investir plus c’est devenu une drogue et un défouloir vis à vis de mon activité professionnelle (défouloir dont on a tous besoin).

MM : Ne regrettes-tu pas d’avoir commencé si tard et d’être, peut-être (on ne peut jamais le savoir), passé à côté d’une carrière plus grande ?
SL : Oui et non. Non, parce que j’avais d’abord mis au premier plan mon activité professionnelle (constructions de bâtiments) et ma vie privée (construction de ma maison) et oui, parce qu’effectivement avec 10 ou 15 ans de moins, les perfs auraient été meilleures(peut-être).

MM : Agriculteur, un travail qui demande beaucoup d’énergie et de force, on ne peut éviter de penser au profil de Cédric Dayot qui travail dans le même registre, avec une dépense énergétique impressionnante au travail mais qui réussit lui aussi à avoir un niveau plus que correct. Crois-tu que ce métier t’apporte réellement dans ta pratique ou bien au contraire qu’il met un frein à ta progression ?
SL : Je crois que c’est plutôt un avantage de faire mon métier : le fait de beaucoup marcher me permet de récupérer, même si parfois physiquement j’accuse un peu le coup (lorsque le dimanche soir après une course il faut retourner traire les vaches ou jongler avec les entraînements dans la semaine). Cependant, le fait d’être son propre patron me permet justement d’adapter mes entraînements.

MM : De retour de blessures après quelques problèmes au dos notamment. Comment as-tu vécu cet épisode ?
SL : Période très difficile mentalement, car je n’avais justement plus cette notion de défouloir et de drogue (du coup + 8 kg !!!), à tel point que je ne pensais plus pouvoir recourir ! Mais, bizarrement, j’ai aussi l’impression que cette coupure m’a davantage forgé, m’a redonné plus de hargne et d’envie.

MM : Cette blessure qui t’handicape directement pour le boulot t’a-t-elle amené à réfléchir sur ta pratique de l’athlétisme ?
SL : Pas du tout, pour les raisons citées ci-dessus. Bien au contraire.

MM : André Vincent et Jean-Paul Couétil, 2 entraîneurs. Parle-nous de la relation entraîneur-entraîné.
SL : Plutôt surprenante car je ne connaissais pas du tout ce genre de relation. En signant à l’EAPB je ne m’attendais pas un « coaching » aussi suivi et aussi personnalisé. Ce qui m’a permis de beaucoup progresser ces 2 dernières années.

MM : Le fait d’avoir 2 entraîneurs amène t-il une réelle plus-value dans l’entraînement ?
SL : Oui, parce que s’ils ont le même message à faire passer, chacun a une façon différente de l’aborder ce qui du coup améliore les conditions d’entraînement (même si c’est surtout Jean-Paul qui me coache au quotidien et me fait mes plans d’entraînements).
Quelques temps :
-    10 km route : 32’28
-    Semi-marathon : 1H13’39’’
-    Marathon : 2H34’44’’
-    5 000m piste : 16’10’’42

MM : 32’’28 au 10kms sur route est un temps qui permet de se classer dans la toute première partie du classement sur pas mal de courses sur route. Cours-tu après le temps et/ou la place ?
SL : Les 2 : d’abord la place, et quand dans la course la place est assurée et que je peux plus rien faire, vient le chrono.

MM : Que te procure le fait de jouer les premiers rôles dans une course ? Et à l’inverse d’être dans le « ventre mou » sur d’autres courses plus relevées ?
SL : Jouer les premiers rôles est nouveau pour moi, j’ai encore du mal à m’y faire, même si j’y prends beaucoup de plaisir. A l’inverse, être dans le ventre mou me montre bien que j’ai encore du boulot pour arriver parmi les favoris, comme ce sera le cas dans les CROSS prochainement .

MM : Un petit mot sur tes 32’31 de Chantepie qui t’offrent la deuxième place et surtout ta deuxième performance sur 10km à 3’’ ?
SL : Je suis parti très vite (en 2’56 au 1er kilo) en pensant tuer la course dès le départ, c’était sans compter sur Fréd HAMON, qui en avait décidé autrement, je suis cependant très satisfait de ma place et de mon chrono (je me suis résigné à rester le « Poulidor »de la course à pied !)

MM : A 37 ans, quel est ton objectif ? Continuer de courir pour maintenir la forme tout en étant compétitif ou bien d’aller chercher le meilleur chronomètre possible ?
SL : Je me dis que je peux encore faire de bonnes perfs, c’est pourquoi je continue encore à m’entraîner très régulièrement et intensément.

MM : Le meilleur performeur du club sur la distance s’appelle Charles Delys avec 29’49, que t’inspire ce chronomètre ? Penses-tu en être capable ?
SL : 2 min 30 de moins que moi,  à 37 ans, il ne faut quand même pas se voiler la face !

MM : Le CROSS, cette fois-ci, malgré l’individualité de l’effort, repose plus sur l’esprit d’équipe. Cédric Dayot, Anthony Tual, Charles Delys de retour en 2012 et Sébastien Louvel… un commentaire ?
SL : Rien que pour voir ça (et dire j’y étais !) je me dois de continuer, vivement l’année prochaine ! Tout en oubliant pas de bien réaliser la saison de cross qui commence.

MM : Sans langue de bois, ces 4 noms ont fiers allure, même si Anthony Tual est encore jeune (mais talentueux), cela te donne t-il une motivation supplémentaire pour progresser ?
SL : Comme je l’ai dit ci-dessus, vivement 2012.

MM : Quels sont tes objectifs pour la saison de CROSS qui arrive ?
SL : Faire une bonne place au Départemental, avec Cédric et Anthony, après au Bretagne on verra….

MM : Les Interclubs, le sujet encore tabou… Comment as-tu vécu ta première participation à ce championnat par équipe ?
SL : Pour moi ce n’est pas un sujet qui fâche, j’y ai pris beaucoup de plaisir la 1ère fois, (ne serait-ce que pour l’ambiance) et déçu de ne pas y avoir pu participer cette année(2010). Ce n’est que partie remise, j’espère bien être parmi vous l’année prochaine(2011), si vous voulez encore du « vieux ». J’invite tous les athlètes du club à en faire de même.

MM : Crois-tu que cela peut vraiment apporter aux athlètes du Hors-Stade, que se soit sur le plan humain (une fête qui réunit tous les horizons de l’athlétisme) ? Et/ou sur le plan sportif (la piste permet de travailler le fond d’une manière différente) ?
SL : Déjà répondu précédemment. L’athlétisme sous un autre angle…

MM : L’athlétisme ne se vit pas que sur le terrain. Suis-tu l’athlétisme à travers les médias ? Penses-tu t’investir à l’EAPB d’une autre manière que de part tes performances ?
SL : Pour l’instant je manque de temps entre les entraînements, les courses et mon boulot, mais pourquoi pas plus tard dans l’encadrement ou l’organisation de manifestations

MM : Que se passe t-il pour toi lors d’un grand championnat international, à l’heure du Marathon ou du 10 000m voir du 5000m ? Cela te donne t-il des frissons et l’envie d’enfiler ton short pour aller t’entraîner comme tous les enfants fasse à leur écran ?
SL : Lors des derniers championnats d’Europe à Barcelone, voire des Diniz, Lemaître et autres, ça m’épate. D’autant plus qu’à ce moment là je ne pouvais pas courir.

MM : Hailé Gebreselassié, le monstre vivant du fond international. Il a tout gagné du 5000m au Marathon (sans compter la salle) avec aujourd’hui le RM de la discipline en 2H03’59’’. Que peux-tu dire à son sujet ?
SL : Malgré mon âge avancé, je suis encore novice en la matière. Difficile d’apporter un jugement.

MM : Si on s’amuse à la comparaison de vos styles de course on ne mettra pas longtemps à voir une réelle différence ;-). Le fait de voir des mecs courir de cette façon te donne t-il envie de leur ressembler ? Ou au contraire te conforte dans l’idée, que chacun à sa façon, est efficace ?
SL : Non, chacun son style, je cours en canard (paraît-il !) et heureusement sinon je ferais un malheur.

MM : Pour terminer, on va se projeter un peu dans le futur. Athlétiquement parlant, comment vois-tu l’avenir dans 10 ans pour toi ? Et pour l’EAPB ?
SL : Pour moi, les chronos vont être difficiles à aller chercher maintenant, mais je vais continuer à me faire plaisir.
Pour ce qui est de l’EAPB, longue vie au club ! et espère encore en faire parti dans 10 ans, d’une façon ou d’une autre.

MM : Et enfin comme il est est la coutume, le mot de la fin, pour le nouveau leader du fond à l’EAPB !
SL : En cette période de vœux, l’occasion est belle pour  souhaiter à tous les athlètes, bénévoles et dirigeants du club une bonne et heureuse année 2011 : qu’elle nous apporte beaucoup de bonheur et de victoires à tous. Pour ce qui est de mon record, avis aux amateurs pour venir me chatouiller….
N’oubliez surtout pas : faites vous plaisir !

Commentaires  

 
0 #1 RE: Interview Sébastien LouvelCharles 06-07-2011 09:02
Bel interview!
Un beau message sur la nécessité de la stabilité pour la réussite sportive ou autre.
Jolie saison et grosse progression

ca va envoyer dans les labours bretonnes en 2012
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